Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz

Murzo (1986), artiste trinationale basée en Suisse romande, perfectionne ses traits de dessin hyperréaliste depuis son enfance. Formée en animation 2D et en graphisme, elle associe ces deux compétences afin de créer son identité visuelle unique, composée de fusain, de précision et de commentaire social. Ses dessins questionnent l’être humain, ce qu’il dévoile par son image et qui il est malgré elle. Son travail se construit en séries distinctes ayant pour but de mettre en lumière diverses problématiques sociales et politiques contemporaines.

Fahny Baudin (1990) vit et travaille entre le Valais et Vevey. Après des études universitaires de géologie, elle se tourne vers la photographie.

Aline Bovard Rudaz (1995) est une photographe basée à Genève.

Toutes deux se sont rencontrées à l’école de photographie de Vevey (CEPV) et ont obtenu leur diplôme en 2018. Elles perfectionnent ensuite leurs pratiques artistiques grâce à la formation supérieure qu’elles termineront en 2020. Leurs travaux se caractérisent par un intérêt pour les problématiques sociales et politiques dans le champ de la photographie documentaire. Elles collaborent régulièrement pour réaliser des projets engagés en mêlant photographies, archives et témoignages, sous forme d’éditions et/ou d’installations.



  • Aline Bovard Rudaz

Kapital


Humanité et habitat

Appartement 12 au 1er étage

Le titre KAPITAL se réfère au capital économique en tant qu’ensemble de richesses possédées au sein d’un système politique et social reposant sur la propriété privée. Ce système ouvre la voie à un phénomène urbain croissant : la gentrification.

Le mot gentrification vient du vieux français « gentil » signifiant noble, de bonne famille. Au 18e siècle, en Angleterre surtout, la classe bourgeoise s’installe dans les centres-villes, déplaçant la population déjà établie.

Aujourd’hui, on parle de gentrification quand de nombreux hauts salariés s’établissent dans des quartiers à l’origine peu attrayants, en déplaçant les petits revenus qui y vivent dans des appartements bon marché.

55 ans après sa première mention par la sociologue Ruth Glass, le phénomène de gentrification des villes occidentales est en plein essor, mais le terme ne semble que peu présent dans les esprits. Il est délicat et peut-être présomptueux de critiquer l’amélioration, la rénovation, l’embellissement d’un quartier ? Son processus d’embourgeoisement bénéfice pourtant à certaines catégories de la population au détriment d’autres et déclenche un cycle d’évènements potentiellement destructeurs, où expulsions forcées et précarisation frappent cruellement la classe ouvrière, les étrangers, les marginaux, les étudiants, les chômeurs, les personnes seules, âgées ou dépendantes de l’état.

Les locataires, qui constituent la majorité des ménages en Suisse, tissent des liens étroits avec leur habitation. Ces espaces loués offrent confort et sécurité, au point où l’identité de l’individu ne peut plus en être séparée. Pourtant, ces liens avec l’habitat peuvent être instables et dans le pire des cas, mènent à l’abandon forcé d’un mode de vie.

En mélangeant photographies, archives (Kapital I), dessins au fusain (Kapital II) et installations,
ce projet collectif donne un point de vue multiple sur la ville suisse contemporaine et la place qu’elle donne à l’individu.

Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz
Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz
Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz
Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz
Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz
Murzo, Fahny Baudin, Aline Bovard Rudaz